se ré-approprier l’acte d’écrire et d’éditer - pas impossible.
vive le guide indigène de (dé)tourisme de [votre lieu] !

le descriptif du projet, les idées, les sentiers, les rencontres
guide-indigene-chapitre-zero.pdf

la licence libre pour créer d’autres guides ailleurs, en une collection à la fois souveraine et indépendante.
guide-indigene-licence-libre.pdf

dès que nous aurons remboursé notre facture imprimeur, nous mettrons l’ensemble des chapitres en ligne.
ya basta !

lieux de mémoire

juillet 20th, 2009

aller simple pour auschwitz : dans cette relecture (dé)touristique d’un territoire merveilleux, ce ne sera pas faire injure que de proposer à la lecture cette liste des 236 juifs, indigènes ou réfugiés, arrêtés et déportés dans le département de la loire-inférieure entre le 15 juillet 1942 [première rafle] et le 26 janvier 1944 [dernière rafle] par l’action conjointe des occupants et de la police nantaise. c’est à cette cartographie fine du refuge et de la traque que nous vous invitons, en écho au travail des historiens et de georges perec, notamment, W ou le souvenir d’enfance.

nuit étoilée et nuageuse
lampadaires allumés
voiture dans un bruit d’enfer
il n’y a personne dehors
quelqu’un sur le balcon
des gens regardent la télévision
chien qui aboie
serpent dans le fossé
ciel étoilé
le pont de Cheviré éclairé par les lampadaires
rue Milcendeau
une boîte aux lettres forcée
une voiture au bruit cassant
j’ai froid
j’ai peur
un chat sous une voiture
un serpent mort dans le fossé

printemps 2007, une écriture collective des enfants de  l’école primaire publique chateaubriand de bouguenais, loire-inférieure.

Être une coccinelle.
On pourrait voler, écouter les secrets, être aimé.

la couverture du petit cadastre
le petit cadastre imaginaire [maquette - texte intégral en pdf]
le site de l’école


Les enfants ont accroché cent livres et plus dans bouguenais, et même dans d’autres continents, via l’aéroport !
les livres circulent maintenant, attrapez-les, lisez-les et relâchez-les….

le pont de la rivière kwaï

juillet 14th, 2009

lancer l’écoute et revenir à la page

une trace, une immersion, un pont romain à mauves sur loire, à l’est de nantes.
magnifique et hardcore à la fois, vous comprendrez sur place, c’est un incontournable.

pont-romain-panneau72.jpg

on vous en dit déjà beaucoup trop.
c’est l’amazonie totale, c’est le pont de la rivière kwaï - le gué même, car bizarrement le pont n’est pas au dessus de la rivière, mais à côté.

pont-romain72.jpg

on pourrait presque y voir une métaphore de l’ex-futur aéroport de notre-dame-des-landes.
mais coupons court à toute polémique, voici une image verticale pour vous aider à trouver. disons que la rivière est l’axe, que des bottes ou des cuissards peuvent aider selon votre exigence de confort, que la marche est le bon choix.

pont-romain72carte.jpg

c’est exactement au milieu de l’image.
accès à mauves depuis nantes par TER avec billet Tan, ensuite une boucle à pied à fabriquer soi-même.

nantes, une ville froide ?

juillet 11th, 2009

D’abord les faits : je témoigne pour Alain Chénard et contre les crapauds qui bavèrent à ses pieds. J’ai souvent accompagné le maire dans des déplacements à l’étranger ou lors de réceptions locales ou régionales. Ma délégation aux relations extérieures et au tourisme m’en faisait obligation. La tenue du maire y fut exemplaire. Pourtant sa tâche n’était pas simple. Il dut faire face à de classiques défis – qui de lui, ou de l’invitant étranger, passerait le premier dessous la table ? – Eh bien, grâce à sa formidable santé, et parce qu’il connaissait ses limites, il est resté lui-même dans les pires moment et digne représentant de sa ville. Il en savait long sur les défis de ce genre. Il sut ainsi, à Sarrebrück et à Tbilissi, triompher de redoutables épreuves auxquelles ses hôtes, ainsi que des membres de sa suite, rendirent les rames, partis dans un rêve dont ils ne conservèrent pas le moindre souvenir.
Ensuite l’explication.

Chénard n’a jamais eu un comportement d’ivrogne. Jamais, La calomnie l’a toutefois atteint. Pourquoi ?

Je n’y vois d’autres raisons que son comportement public.
Dans son désir de paraître, d’être joyeux drille et bon enfant, dans sa recherche de fraternisation, de convivialité, il eut peine à se composer une façade de dignité. La naturel étant là, prêt à resurgir dans une boutade ou un bon rire.
Alors « Chénard le bambocheur, l’homme des bars », qu’il n’était pas, cette idée fit son chemin, et causa du tort à la liste qu’il conduisait.

Eugène Leblanc, Nantes la rebelle, Nantaise de presse, 1984, page 35, un an après la défaite de la liste d’union de la gauche sortante, le 6 mars 1983.

le prochain camp climat, du 3 au 9 août 2009, à notre-dame-des-landes, près de nantes
sur le site d’un impensable futur nouvel aéroport international

à la criée devrait y planter la tente aussi : atelier d’écriture et d’édition, développement du projet de collection libre du guide indigène de (dé)tourisme de [votre lieu], travail sur le sonore et le radiophonique, lectures, libaririe, liens entre les supports de la parole et les gens [oh la LA]

le site du camp climat à notre-dame-des-landes

le site de l’ACIPA, le collectif anti-aéroport

un site d’expertise transport qui propose analyse complète et projets alternatifs d’évolution raisonnée et économe de l’aéroport  actuel

au moment de la fabrication de cette page [11 juillet], le site officiel du projet d’aéroport était inaccessible [pas de commentaires].

stupeur à la trocardière

juillet 10th, 2009

Stade mythique de la Trocardière, ville de Rezé, tournoi international, dimanche 12 avril, 15 heures, finale FC Nantes – Barcelone, c’est les moins de 18 ans de l’Español, pas de panique ! J’écoute les hymnes. Stupeur, le FCN, guest-star locale, est tombé si bas qu’il ne joue plus son propre hymne, mais directement la Marseillaise.

- De qui se moque-t-on ?
- Et pourtant, il paraît qu’ils veulent un nouveau stade de 55 000 places.
- Mais qui ça, ils ?

Au printemps 1957, je me marie. Ma femme travaille à Nantes comme sténodactylo. Un travail de bureau, cela représente une bonne situation pour un ouvrier, c’est une bonne place qu’il ne faut pas perdre. Nous décidons d’habiter Haute-Indre, localité de la banlieue nantaise.
Cela signifie pour moi un trajet aller et retour de cent vingt kilomètres par jour
[Haute-Indre/Saint-Nazaire]. Le matin, lever à cinq heures trente, deux kilomètres à pied pour rejoindre la gare, une heure de train assis sur des banquettes en bois, puis cinq cents mètres à pied pour rejoindre l’atelier. Je découvre un autre type de travailleurs, je dois m’adapter à un autre rythme de vie. À la dure journée de travail, il faut ajouter trois heures de trajet plus ou moins inconfortable.
Des liens se tissent, on se regroupe par affinités. Je me suis fait un bon copain en la personne de Ayuk, un Kalmouk égaré en France. Chaque matin, on se retrouve invariablement avec plusieurs autres dans le troisième compartiment du deuxième wagon. Pour ce faire, j’ai pu déterminer avec précision à quel endroit du quai la portière correspondante, et je ne peux qu’admirer l’expérience du mécanicien qui arrête son train au mètre près. Le matin la lecture des journaux et les commentaires qu’elle attire agrémentent le trajet. Mais le soir … !
Le soir, on se laisse tomber sur la banquette avec un grand soupir. Bon Dieu ! que ça fait du bien de s’asseoir lorsque l’on a frappé de la masse toute la journée. Quelquefois on tape une belote. Mais le plus souvent, le glang-glang des roues fait office de berceuse et l’un après l’autre, abrutis par la fatigue, on sombre dans le sommeil. Tous sauf un ! Car il est arrivé que des gars ne se soient réveillés qu’au terminus. Alors celui d’entre nous qui se sent le plus frais se sacrifie pour éveiller chaque copain à sa gare destinatrice.

Louis Oury, Les Prolos, 1974, éditions Denoël, 2005 éditions du temps, pages 218 et 219.

le site d’auteur de louis oury

l’île de la chesnaie

juillet 10th, 2009

L’île de la Chesnaie - on ne voit cela qu’en Jamaïque. Avec ses dreadlocks, Jean, 52 ans, n’a pas seulement l’image du rastafarien, il en applique la philosophie. Depuis 32 ans, il consomme du cannabis. Rien que du naturel qu’il cultive lui-même sur les 3 000 m2 de ses parcelles de l’île de la Chesnaie à Saint-Julien-de-Concelles, depuis 2000. Il en vend aussi. Autour de lui, une nébuleuse de jeunes « disciples » vient l’aider sur l’exploitation en échange de quelques grammes du psychotrope. Hier, le tribunal correctionnel de Nantes le condamnait à 4 ans de prison ferme. 1,5 kg de résine de cannabis, 4 kg d’herbe de la même plante et 86 pieds. La perquisition des gendarmes n’a « pas été à la hauteur de leurs attentes ». On est bien loin des « 500 pieds » évoqués par un de ses acheteurs. « C’est une usine, on ne voit ça qu’en Jamaïque », affirme même l’un d’entre eux. Une photo prise par les gendarmes lors de l’enquête laisse entrevoir « une clairière colombienne », selon le procureur Mathieu Fohlen.
[presse-océan, jeudi 15 janvier 2009]

à quelques kilomètres à l’amont de nantes, franchir les ponts à cheval, à pied ou à vélo - ou, en période d’étiage et de marée basse, traverser à gué depuis l’île clémentine.
ne vous laissez pas surprendre par la montée des eaux.

ère de jeu

juillet 10th, 2009

Inutile de tourner en rond, le jeu à la nantaise se trouve six feet under. Le seul vestige encore visible d’une approche démocratique et collective du football flirte encore avec la Loire. Le Stade Marcel Saupin 2.0 dont l’architecture a été entièrement repensée, a gardé sa tribune Nord et son rectangle vert. Comme un marque-page indélébile dans l’histoire de la ville. Une histoire rythmée par les épopées de Canaris aujourd’hui bien cuits. En 2009, le bonheur n’est plus dans le pré. Et ce depuis l’éviction en 2001 de Reynald Denoueix, dernier ambassadeur de ce jeu à la nantaise. Nantes en porte encore les stigmates. La génération du tout numérique croit à une légende urbaine. Ceux qui ont connu la grandeur et la décadence du FC Nantes ont vu les frontières se déplacer. A l’extérieur du circuit cœur et même à l’international, le jeu à la nantaise ne se pratique plus en crampons et a décidé de se mettre en scène. Ici, là, là-bas. Il est partout. Il jalonne désormais le centre historique et sa périphérie. Il peut être rock indé, électro fluo, folk barbu, électro dinglo… Qu’importe le jeu à la nantaise s’exporte à la vitesse d’une contre-attaque. Il file à vive à l’allure et va toujours droit au but. Le jeu à la nantaise n’est plus une légende urbaine. Mais bel et bien une réalité permettant de constater que le cœur de la ville bat encore pour des artistes, certes peut-être moins affûtés physiquement. Mais néanmoins conjuguant toujours au temps présent ce fameux “je” à la nantaise. Un “je” privilégiant le collectif à l’individuel.

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