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une trace, une immersion, un pont romain à mauves sur loire, à l’est de nantes.
magnifique et hardcore à la fois, vous comprendrez sur place, c’est un incontournable.

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on vous en dit déjà beaucoup trop.
c’est l’amazonie totale, c’est le pont de la rivière kwaï - le gué même, car bizarrement le pont n’est pas au dessus de la rivière, mais à côté.

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on pourrait presque y voir une métaphore de l’ex-futur aéroport de notre-dame-des-landes.
mais coupons court à toute polémique, voici une image verticale pour vous aider à trouver. disons que la rivière est l’axe, que des bottes ou des cuissards peuvent aider selon votre exigence de confort, que la marche est le bon choix.

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c’est exactement au milieu de l’image.
accès à mauves depuis nantes par TER avec billet Tan, ensuite une boucle à pied à fabriquer soi-même.

nantes, une ville froide ?

juillet 11th, 2009

D’abord les faits : je témoigne pour Alain Chénard et contre les crapauds qui bavèrent à ses pieds. J’ai souvent accompagné le maire dans des déplacements à l’étranger ou lors de réceptions locales ou régionales. Ma délégation aux relations extérieures et au tourisme m’en faisait obligation. La tenue du maire y fut exemplaire. Pourtant sa tâche n’était pas simple. Il dut faire face à de classiques défis – qui de lui, ou de l’invitant étranger, passerait le premier dessous la table ? – Eh bien, grâce à sa formidable santé, et parce qu’il connaissait ses limites, il est resté lui-même dans les pires moment et digne représentant de sa ville. Il en savait long sur les défis de ce genre. Il sut ainsi, à Sarrebrück et à Tbilissi, triompher de redoutables épreuves auxquelles ses hôtes, ainsi que des membres de sa suite, rendirent les rames, partis dans un rêve dont ils ne conservèrent pas le moindre souvenir.
Ensuite l’explication.

Chénard n’a jamais eu un comportement d’ivrogne. Jamais, La calomnie l’a toutefois atteint. Pourquoi ?

Je n’y vois d’autres raisons que son comportement public.
Dans son désir de paraître, d’être joyeux drille et bon enfant, dans sa recherche de fraternisation, de convivialité, il eut peine à se composer une façade de dignité. La naturel étant là, prêt à resurgir dans une boutade ou un bon rire.
Alors « Chénard le bambocheur, l’homme des bars », qu’il n’était pas, cette idée fit son chemin, et causa du tort à la liste qu’il conduisait.

Eugène Leblanc, Nantes la rebelle, Nantaise de presse, 1984, page 35, un an après la défaite de la liste d’union de la gauche sortante, le 6 mars 1983.

Au printemps 1957, je me marie. Ma femme travaille à Nantes comme sténodactylo. Un travail de bureau, cela représente une bonne situation pour un ouvrier, c’est une bonne place qu’il ne faut pas perdre. Nous décidons d’habiter Haute-Indre, localité de la banlieue nantaise.
Cela signifie pour moi un trajet aller et retour de cent vingt kilomètres par jour
[Haute-Indre/Saint-Nazaire]. Le matin, lever à cinq heures trente, deux kilomètres à pied pour rejoindre la gare, une heure de train assis sur des banquettes en bois, puis cinq cents mètres à pied pour rejoindre l’atelier. Je découvre un autre type de travailleurs, je dois m’adapter à un autre rythme de vie. À la dure journée de travail, il faut ajouter trois heures de trajet plus ou moins inconfortable.
Des liens se tissent, on se regroupe par affinités. Je me suis fait un bon copain en la personne de Ayuk, un Kalmouk égaré en France. Chaque matin, on se retrouve invariablement avec plusieurs autres dans le troisième compartiment du deuxième wagon. Pour ce faire, j’ai pu déterminer avec précision à quel endroit du quai la portière correspondante, et je ne peux qu’admirer l’expérience du mécanicien qui arrête son train au mètre près. Le matin la lecture des journaux et les commentaires qu’elle attire agrémentent le trajet. Mais le soir … !
Le soir, on se laisse tomber sur la banquette avec un grand soupir. Bon Dieu ! que ça fait du bien de s’asseoir lorsque l’on a frappé de la masse toute la journée. Quelquefois on tape une belote. Mais le plus souvent, le glang-glang des roues fait office de berceuse et l’un après l’autre, abrutis par la fatigue, on sombre dans le sommeil. Tous sauf un ! Car il est arrivé que des gars ne se soient réveillés qu’au terminus. Alors celui d’entre nous qui se sent le plus frais se sacrifie pour éveiller chaque copain à sa gare destinatrice.

Louis Oury, Les Prolos, 1974, éditions Denoël, 2005 éditions du temps, pages 218 et 219.

le site d’auteur de louis oury

l’île de la chesnaie

juillet 10th, 2009

L’île de la Chesnaie - on ne voit cela qu’en Jamaïque. Avec ses dreadlocks, Jean, 52 ans, n’a pas seulement l’image du rastafarien, il en applique la philosophie. Depuis 32 ans, il consomme du cannabis. Rien que du naturel qu’il cultive lui-même sur les 3 000 m2 de ses parcelles de l’île de la Chesnaie à Saint-Julien-de-Concelles, depuis 2000. Il en vend aussi. Autour de lui, une nébuleuse de jeunes « disciples » vient l’aider sur l’exploitation en échange de quelques grammes du psychotrope. Hier, le tribunal correctionnel de Nantes le condamnait à 4 ans de prison ferme. 1,5 kg de résine de cannabis, 4 kg d’herbe de la même plante et 86 pieds. La perquisition des gendarmes n’a « pas été à la hauteur de leurs attentes ». On est bien loin des « 500 pieds » évoqués par un de ses acheteurs. « C’est une usine, on ne voit ça qu’en Jamaïque », affirme même l’un d’entre eux. Une photo prise par les gendarmes lors de l’enquête laisse entrevoir « une clairière colombienne », selon le procureur Mathieu Fohlen.
[presse-océan, jeudi 15 janvier 2009]

à quelques kilomètres à l’amont de nantes, franchir les ponts à cheval, à pied ou à vélo - ou, en période d’étiage et de marée basse, traverser à gué depuis l’île clémentine.
ne vous laissez pas surprendre par la montée des eaux.

- vous voulez une centrale nucléaire ou un nouvel aéroport international ?
- …
- mais je vois que vous avez d’anciennes mines d’uranium ! oh, la, la, ça se visite ça, non ?
- …
les 7 nains d’areva à gétigné : l’utopie permanente

championnat radioactif : gétigné enterre la hague

visites sur rendez-vous :  tél. : + 33 (0) 2 40 36 17 18

scintillo-tourisme et geigero-tourisme

une autre, au bord de la mer : les 7 nains à piriac avec leurs petits wagonnets et leurs casques fleuris […]
602 tonnes extraites en 14 ans !
tous les jours et même le dimanche, elle travaillait avec vaillance
pour un artilleur de mayence qui n’en est jamais revenu […]

piriac-nuke.pdf

dernière minute : une filière nord-coréenne de prolifération démantelée dans les mines du pays de guérande.
pays récepteur, l’océan.

les débuts de la photographie couleur en loire-inférieure

le-cri-du-cru-photo-claude-servat-1.JPG

attention : toute utilisation malveillante sera sévèrement sanctionnée.
pour votre sécurité, des dispositions ont été prises et des contrôle sont effectués.

the massacrors

le plus grand groupe du monde de rock’n'roll français
télécharge gratuitement tous des crétins !

 pécari […]

4 rue contrescarpe, nantes.

un one-shot publicitaire au temps de la réclame déclinante, un street-marketing de la bourgeoisie nantaise qui plagie par anticipation tous les corrompus de la publicité post-moderne - l’intuition de ce berlusconisme invasif dont les actes publicitaires polluent chaque geste, chaque pensée, chaque idée de nos journées.

même nos outils de déplacement : bus, tramways, vélos, tout y passe.

il faut être né là pour s’en souvenir.
ou l’imaginer.

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un homme vieilli prématurément porte sa croix dans les rues du centre-ville des années soixante-dix.

nomadisme en boucle, errance simulée, une invitation au voyage un peu glauque.

stéphane pajot, chroniqueur passionné de nantes, relate qu’on le surnommait aussi je vous salue marie, car il égrénait son chapelet dans sa poche pendant ses longues marches urbaines, ses dérives bénissantes.

plagiat par anticipation au carré, notre ami était déjà le renouveau charismatique à lui tout seul.

il bénissait la ville quand d’autres la lui faisaient piétiner.

arrière satan, decaux, séguela, clear channel, saussez … retournez au néant !

photographie reprise par stéphane pajot dans personnages pittoresques de nantes et de loire-atlantique, éditions d’orbestier, 1999. voir aussi nantes étonnante, faits et visages oubliés d’un siècle insolite, 2000, et histoires extraordinaires et inédites de’ nantes et de loire-atlantique, 2000. à découvrir.

la forme d’une ville change plus vite que quoi déjà […]

avant

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après

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question subsidiaire : cherchez le vigile, trouver son nom […]

La ville qu’on n’aime qu’à moitié et encore les années bissextiles et du côté des numéros impairs.
La ville qu’on aimerait avoir inventée tellement qu’elle est belle avec ses chemins vicinaux pour chats le long du faîte des murs en vrais moellons de jardins anciens près des anciens grands séminaires vendus à la découpe.
La ville qu’on aimerait ne pas avoir inventée tellement qu’elle est belle avec ses quatre-quatre noirs lookés pompes funèbres, sacré-cÅ“ur vendéen au cul, en plein milieu du protège-pneu de la roue de secours ; tellement qu’elle est belle aussi avec ses recyclages de fric, ses boutiques de fringues inabordables pour femmes abordables de notaires marrons depuis quatre
La ville qui s’est faite par des rumeurs, de bouche à oreille et d’écran à écran.
La ville où trop de gens se croisent sans se connaître et quand c’est comme ça, le macadam fond ipso facto et des chardons poussent à la place, résistants aux pesticides.
La ville qui croit avoir inventé la poudre qui aurait fait sauter le gisement de minerai de fer à partir duquel avec lequel on a fabriqué le premier fil à couper le beurre.
La ville qui envie les autres villes et tente de les tuer en faisant un épais silence autour d’elles.
La ville qui s’est faite petit à petit comme un livret de caisse d’épargne.
La ville qui s’est fait remonter les bretelles par l’Histoire.
La ville qui voudrait être ville-lumière, après avoir été ville-lumignon et qui n’arrive qu’à être ville-luminaire.
La ville où on aimerait être muté(e). On irait même jusqu’à mettre sur sa carte visite numérique : en instance de mutation pour NANTES.
La ville coup de pub sur ta gueule. Tu ne t’en remets qu’à moitié. Tu finis par ne plus croire aux villes, ce qui est suicidaire.
La ville qui ne s’étend que sur son passé et encore faut voir lequel. La ville d’à côté alors qui en remet des louches du sien et dit de sa voisine : encore faudrait-il en avoir un ! Aigreurs de l’émulation.
La ville foutraque à faible valeur locative moyenne.
La ville qui se souviendrait un jour du jour où elle a pendu Place du Pilori dans le cadre de l’opération Approprie-toi ton histoire, le plus laid des cabots nains pour ricosses manipulés (les chiens !) génétiquement avec la dernière cravate du dernier banquier spéculateur.
La ville qui ne serait plus qu’un seul gigantesque parking souterrain et aérien ; Et il n’y aurait plus d’étage zéro dans les ascenseurs. On y entrerait comme on voudrait. On en sortirait comme on pourrait. Certains dorment dans leurs voitures toute une vie, certaines y accouchent. Tous y meurent un jour ou l’autre. Rondes régulières des Pompes Funèbres à tous les étages. Les défunt(e)s seraient remorqués dans leurs véhicules hors des étages et incinérés-compactés avec leurs véhicules sur la terrasse du dernier étage. En présence des proches avec visionnage d’une vidéo défraîchie d’Enki Bilal.
La ville où les cons ont un certain avenir.
La ville qui s’est fait la malle. Un  beau matin, son atmosphère si particulière vantée dans les brochures de l’Office du tourisme, n’est plus là. Il n’y a plus que des distributeurs de fric et des bacs à revues gratuites devant les agences immobilières. Et sur la place centrale, près des parkings pour scooters de livreurs de pizza, il y a une vidéo en boucle qui remémore le climat d’espaces verts partagés et de musiques mélangées, d’avant. On retrouve, en cherchant bien, des bribes de son atmosphère dans des cabanes de jardin, des vespasiennes en ardoise de Trélazé oubliées par les bulldozers de Decaux, dans des pavillons en meulière loués à des associations d’à moitié-pas-le-­rond, des cafés de quartier inscrits au PMHM [Patrimoine Mondial de l’Humanité Modeste]. Comment ont-ils atterri là ? Comment en est-on arrivé là ? Tout le monde, interrogé, fournit des alibis en béton, disent les gendarmes.
La ville [vendéenne ?] où la Direction du Patrimoine vient d’acquérir pour une somme rondelette l’os de la dernière côtelette d’agneau, cuisinée « à la martyre », mangée par Louis Capet à la Conciergerie la veille de sa décapitation. Ce sera l’élément fondateur d’une Fondation de la Repentance et Expiation de la France. La ville souhaiterait dans un avenir proche racheter à la Ville de Nantes la colonne Louis Seize pour la replanter à l’entrée de son parc d’attractions chrétiennes patriotiques [PACP].

Adios amigos

siècle vingt

février 13th, 2009

siècle vingt, entretien avec jacqueline weil n’est plus disponible, mais seul le livre papier est épuisé.

siecle_vingt.gif

nous mettons en ligne une version pdf de l’édition originale en accordéon, adaptée à une impression A4 à la maison sur Read the rest of this entry »

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