acoustiques locales et autres lieux dissonants
août 27th, 2009
Le Triolet – Café en pente rue de l’Hermitage
Sa place de café du port lui donne une certaine aura, celle, légèrement sulfureuse dans la mémoire collective nantaise, de prolongement du quai de la Fosse. On y joue de la musique, comme dans nombre d’autres cafés, mais depuis plus longtemps. Un soir de septembre y fut tenté une première, la version chorale d’une chanson pas des plus simples des Gens de la Hume. Difficulté du texte ou ambiance du lieu, la chorale migra rapidement vers d’autres territoires de chant.
La Korrible – Léo
acoustique: 6 - accueil : 3
Rue de la Fosse
La rue de la Fosse, dans sa partie entre la place Royale et celle de la Bourse, a ceci de bien qu’elle va étroitement entre deux hauteurs d’immeubles. C’est parfait pour l’écho, dont on ne se rend bien compte que nocturnement. Il n’y faut guère qu’un gospel pour réveiller les façades, gospel qui y fut chanté un soir de fin de printemps, et eut pour effet l’apparition aux fenêtres d’un public jeune, féminin, et surtout indulgent pour les auteurs de la sérénade improvisée. La troupe s’en retira sous les bravos de ces loges soudainement ouvertes à la lumière.
La SansNom – Blin’ Man
acoustique : 5 - drague des filles: 2
Le 36 – rue de Bitche
En son temps – il y a longtemps - le quartier n’était pas encore propre sur lui: les immeubles de standing n’avaient pas colonisé le bout du quai Magellan, au confluent de l’Erdre et de la Loire, le soir à la saison on pouvait discuter avec les braconniers de civelles, le chantier de l’Esclain s’étalait sur le quai Sain-Félix, et en descendant de l’écluse on pouvait prendre un ballon au café le Zéphir. Dernier vestige des temps insalubres de cet îlot, le bâtiment du 36 semble donc désormais une verrue dans le quartier, fort heureusement en retrait dans une rue adjacente au quai: seuls ceux qui n’ont pu s’acheter une vue sur Loire l’ont sous les yeux, et doivent attendre avec ferveur la fin de la crise immobilière qui le verra s’abattre au profit d’un vis-à -vis plus classieux.
L’espace du rez-de-chaussée y a la largeur d’une cathédrale mais sans la hauteur, quoique battu de poteaux; le son s’y déploie donc à l’horizontale, et on y a très souvent répété assis, à genoux, voire allongés. Comme s’il n’était pas assez vaste, une fois on essaya d’en repousser un mur, arc-bouté dessus, expérience pédagogique visant à faire sortir un solo de ténor d’une gorge de basse. Sans succès. Le solo resta chanté en basse.
La SansNom - Ride the chariot
acoustique: 5 - poussée: 7
Place Graslin
Surfant sur la vague après le succès du film « les choristes », et voulant transformer l’engouement en succès politique, la mairie de Nantes imagina se lancer dans une grandiose action culturelle rassemblant les chorales et la population nantaises dans une grande communion chorale et populaire. Lieu du séisme: place Graslin. Ce 21-juin là , 200 choristes éparpillés dans le vent disputaient l’espace à la presse populaire, et ni Via Pensiero ni O’Freedom ne décollèrent du bitume, tandis qu’un nain lointain sur les marches de l’opéra, improbable chef de choeur, faisait de grands moulinets des bras.
La SansNom - Via pensiero
acoustique : 0 - plaisir : 0
Café Le Fées Maison – rue du Pré Nian
Il y avait plus d’un charme aux Fées, à commencer par celui des deux fées du logis, Joëlle et Frédérique, toute deux plus piquantes l’une que l’autre. Il y avait aussi cette effroyable mixture, gentiment appelée Bave de dragon, mêlant rhum, chocolat et curaçao, sans compter le reste dont le secret est désormais disparu, qui la faisait ressembler à une espèce de gloubiboulga liquide dont la fin restait collé au fond du verre. C’était bon, diablement bon, et fort.
Sur la scène minuscule de 2 mètres sur 3 fut chantée l’ouverture, l’anniversaire des 6 mois et d’un an du lieu, rien que pour le plaisir.
La SansNom - Go down Moses
acoustique : 6 - gloubiboulga : 10
Sur la Loire
Le marché de Basse-Indre c’est bien: on peut y chanter, tout le monde s’en moque et vaque à son remplissage de cabas. C’est comme Talensac, où en plus on a l’impression de déranger – des jeunes ? Mais que veulent-ils mon Dieu ? De l’argent, ah non ! Le grand avantage de Basse-Indre sur Talensac, c’est la Loire, et son bac. Quand on y chante, on sait que c’est peine perdue: non seulement le vent emporte tout, mais en plus les passagers ne baissent même pas la vitre de leur voiture – le vent, justement. Mais c’est bien quand même.
La Korrible - Couleur café
acoustique : 0 - cheveux au vent : 10
Rue des Olivettes
Bâtiment voué à la destruction, un hangar industriel surmonté de bureaux, abandonné, une ruine.
Participation à une fête de quartier sans doute, répétition à l’étage au milieux des gravats, vitres cassées, se chauffer la voix, se réchauffer aussi, l’hiver, la nuit. Et là une acoustique extraordinaire et insoupçonnée, et une envie d’être ensemble pour chanter plus forte que d’habitude, ô grâce et légèreté. A force d’attendre en bas, le public est monté écouter.
3 mois plus tard l’immeuble était tombé. Aller rue des Olivettes tant qu’il est encore temps, il reste Pol’n.
La SansNom - Wayoyo
acoustique : 10 - cohésion : 10
Le Blue Note café – rue de la Rosière d’Artois
On peut dire beaucoup de choses du Blue Note, qu’il est étroit, tordu, mal fichu, perdu à côté de Guist’hau, en chantier permanent, qu’on y passe les matches de foot sur grand écran, qu’on y pénètre à ses risques et périls quand s’y déroule une partie de fléchettes juste dans l’entrée, que le patron n’est pas disponible quand il joue au baby-foot, qu’on y marche à longueur de temps sur des cosses de cacahuètes, que l’acoustique y est inexistante, ou que la police y passe parfois pour faire respecter la tranquillité du voisinage.
Tout ceci est vrai.
En même temps, ça n’est pas grave. Le Blue Note reste le meilleur endroit de Nantes pour se mettre du gravier la voix, c’est ça qui est bien. Et c’est le seul sans doute au sujet duquel on ait écrit une chanson.
La SansNom - Get up stand up Fred B. - Au bar de la connerie
acoustique: 3 - gravier : 10