ère de jeu
juillet 10th, 2009
Inutile de tourner en rond, le jeu à la nantaise se trouve six feet under. Le seul vestige encore visible d’une approche démocratique et collective du football flirte encore avec la Loire. Le Stade Marcel Saupin 2.0 dont l’architecture a été entièrement repensée, a gardé sa tribune Nord et son rectangle vert. Comme un marque-page indélébile dans l’histoire de la ville. Une histoire rythmée par les épopées de Canaris aujourd’hui bien cuits. En 2009, le bonheur n’est plus dans le pré. Et ce depuis l’éviction en 2001 de Reynald Denoueix, dernier ambassadeur de ce jeu à la nantaise. Nantes en porte encore les stigmates. La génération du tout numérique croit à une légende urbaine. Ceux qui ont connu la grandeur et la décadence du FC Nantes ont vu les frontières se déplacer. A l’extérieur du circuit cœur et même à l’international, le jeu à la nantaise ne se pratique plus en crampons et a décidé de se mettre en scène. Ici, là, là-bas. Il est partout. Il jalonne désormais le centre historique et sa périphérie. Il peut être rock indé, électro fluo, folk barbu, électro dinglo… Qu’importe le jeu à la nantaise s’exporte à la vitesse d’une contre-attaque. Il file à vive à l’allure et va toujours droit au but. Le jeu à la nantaise n’est plus une légende urbaine. Mais bel et bien une réalité permettant de constater que le cœur de la ville bat encore pour des artistes, certes peut-être moins affûtés physiquement. Mais néanmoins conjuguant toujours au temps présent ce fameux “je” à la nantaise. Un “je” privilégiant le collectif à l’individuel.
à propos du cri du cru et des massacrors
juillet 8th, 2009
les débuts de la photographie couleur en loire-inférieure
attention : toute utilisation malveillante sera sévèrement sanctionnée.
pour votre sécurité, des dispositions ont été prises et des contrôle sont effectués.
le plus grand groupe du monde de rock’n'roll français
télécharge gratuitement tous des crétins !
crucifié par la publicité ou le plagiat par anticipation
juillet 8th, 2009
pécari […]
4 rue contrescarpe, nantes.
un one-shot publicitaire au temps de la réclame déclinante, un street-marketing de la bourgeoisie nantaise qui plagie par anticipation tous les corrompus de la publicité post-moderne - l’intuition de ce berlusconisme invasif dont les actes publicitaires polluent chaque geste, chaque pensée, chaque idée de nos journées.
même nos outils de déplacement : bus, tramways, vélos, tout y passe.
il faut être né là pour s’en souvenir.
ou l’imaginer.
un homme vieilli prématurément porte sa croix dans les rues du centre-ville des années soixante-dix.
nomadisme en boucle, errance simulée, une invitation au voyage un peu glauque.
stéphane pajot, chroniqueur passionné de nantes, relate qu’on le surnommait aussi je vous salue marie, car il égrénait son chapelet dans sa poche pendant ses longues marches urbaines, ses dérives bénissantes.
plagiat par anticipation au carré, notre ami était déjà le renouveau charismatique à lui tout seul.
il bénissait la ville quand d’autres la lui faisaient piétiner.
arrière satan, decaux, séguela, clear channel, saussez … retournez au néant !
photographie reprise par stéphane pajot dans personnages pittoresques de nantes et de loire-atlantique, éditions d’orbestier, 1999. voir aussi nantes étonnante, faits et visages oubliés d’un siècle insolite, 2000, et histoires extraordinaires et inédites de’ nantes et de loire-atlantique, 2000. à découvrir.
en instance de mutation pour nantes
juillet 6th, 2009
La ville qu’on n’aime qu’à moitié et encore les années bissextiles et du côté des numéros impairs.
La ville qu’on aimerait avoir inventée tellement qu’elle est belle avec ses chemins vicinaux pour chats le long du faîte des murs en vrais moellons de jardins anciens près des anciens grands séminaires vendus à la découpe.
La ville qu’on aimerait ne pas avoir inventée tellement qu’elle est belle avec ses quatre-quatre noirs lookés pompes funèbres, sacré-cœur vendéen au cul, en plein milieu du protège-pneu de la roue de secours ; tellement qu’elle est belle aussi avec ses recyclages de fric, ses boutiques de fringues inabordables pour femmes abordables de notaires marrons depuis quatre
La ville qui s’est faite par des rumeurs, de bouche à oreille et d’écran à écran.
La ville où trop de gens se croisent sans se connaître et quand c’est comme ça, le macadam fond ipso facto et des chardons poussent à la place, résistants aux pesticides.
La ville qui croit avoir inventé la poudre qui aurait fait sauter le gisement de minerai de fer à partir duquel avec lequel on a fabriqué le premier fil à couper le beurre.
La ville qui envie les autres villes et tente de les tuer en faisant un épais silence autour d’elles.
La ville qui s’est faite petit à petit comme un livret de caisse d’épargne.
La ville qui s’est fait remonter les bretelles par l’Histoire.
La ville qui voudrait être ville-lumière, après avoir été ville-lumignon et qui n’arrive qu’à être ville-luminaire.
La ville où on aimerait être muté(e). On irait même jusqu’à mettre sur sa carte visite numérique : en instance de mutation pour NANTES.
La ville coup de pub sur ta gueule. Tu ne t’en remets qu’à moitié. Tu finis par ne plus croire aux villes, ce qui est suicidaire.
La ville qui ne s’étend que sur son passé et encore faut voir lequel. La ville d’à côté alors qui en remet des louches du sien et dit de sa voisine : encore faudrait-il en avoir un ! Aigreurs de l’émulation.
La ville foutraque à faible valeur locative moyenne.
La ville qui se souviendrait un jour du jour où elle a pendu Place du Pilori dans le cadre de l’opération Approprie-toi ton histoire, le plus laid des cabots nains pour ricosses manipulés (les chiens !) génétiquement avec la dernière cravate du dernier banquier spéculateur.
La ville qui ne serait plus qu’un seul gigantesque parking souterrain et aérien ; Et il n’y aurait plus d’étage zéro dans les ascenseurs. On y entrerait comme on voudrait. On en sortirait comme on pourrait. Certains dorment dans leurs voitures toute une vie, certaines y accouchent. Tous y meurent un jour ou l’autre. Rondes régulières des Pompes Funèbres à tous les étages. Les défunt(e)s seraient remorqués dans leurs véhicules hors des étages et incinérés-compactés avec leurs véhicules sur la terrasse du dernier étage. En présence des proches avec visionnage d’une vidéo défraîchie d’Enki Bilal.
La ville où les cons ont un certain avenir.
La ville qui s’est fait la malle. Un beau matin, son atmosphère si particulière vantée dans les brochures de l’Office du tourisme, n’est plus là. Il n’y a plus que des distributeurs de fric et des bacs à revues gratuites devant les agences immobilières. Et sur la place centrale, près des parkings pour scooters de livreurs de pizza, il y a une vidéo en boucle qui remémore le climat d’espaces verts partagés et de musiques mélangées, d’avant. On retrouve, en cherchant bien, des bribes de son atmosphère dans des cabanes de jardin, des vespasiennes en ardoise de Trélazé oubliées par les bulldozers de Decaux, dans des pavillons en meulière loués à des associations d’à moitié-pas-le-rond, des cafés de quartier inscrits au PMHM [Patrimoine Mondial de l’Humanité Modeste]. Comment ont-ils atterri là ? Comment en est-on arrivé là ? Tout le monde, interrogé, fournit des alibis en béton, disent les gendarmes.
La ville [vendéenne ?] où la Direction du Patrimoine vient d’acquérir pour une somme rondelette l’os de la dernière côtelette d’agneau, cuisinée « à la martyre », mangée par Louis Capet à la Conciergerie la veille de sa décapitation. Ce sera l’élément fondateur d’une Fondation de la Repentance et Expiation de la France. La ville souhaiterait dans un avenir proche racheter à la Ville de Nantes la colonne Louis Seize pour la replanter à l’entrée de son parc d’attractions chrétiennes patriotiques [PACP].
Adios amigos
ultra-sessions de mars “guide indigène de (dé)tourisme”
février 14th, 2009
les prochaines ultra-sessions du guide indigène de (dé)tourisme de nante-s et de saint-nazaire auront lieu
- le mardi 3 mars, à 20 h, à l’appart, bar-centre culturel, 182, rue de pornichet, 44600, saint-nazaire
http://www.lappart44.com/
- le dimanche 29 mars, à 15 heures, à la Très Petite Librairie, 58, bis, rue des halles, 44190 clisson
c’est évidemment gratuit.
état du projet février 2009
février 8th, 2009
où en est le guide indigène de (dé)tourisme urbain de nante-s et de saint-nazaire ?
des infos ici
une pré-pré-pré-prod ou maquette est disponible. elle offre un cadre de travail, d’écriture à contraintes. pour écrire dans le guide, le mieux est d’en discuter directement avec l’équipe : a.la.criee[at]free.fr
février, avril et mai sont les 3 derniers mois de la fabrication : écriture, iconographie, structure, maquette, titre et illustration de couverture
juin : sortie de l’édition zéro du guide
pour l’instant, ça ressemble à ça [en plus modeste]
nuit de l’écrit : suivez le guide […] osez le détour
septembre 30th, 2008
Un beau jour ou peut être une nuit.
Laissez-vous tenter.
Vendredi 10 octobre en soirée.
A l’occasion du week-end Lire en Fête 2008, nous vous proposons de partager un grand moment d’écriture collective, une ronde de nuit qui ouvrira en grand la fabrication du guide indigène de (dé)tourisme urbain de Nantes et de sa région [édition zéro en juin 2009].
Des détours pour une soirée de (dé)tourisme et d’écriture. Read the rest of this entry »
Bonjour
Le temps d’une annonce pascale sous la pluie froide de l’hiver. Grâce aux dieux des mécréants - rien ne les arrête, brigadier - s’abrite ici, à la criée, en gestation, en douce croissance, une sorte de futur évènement marial fantoche, un projet de guide indigène de (dé)tourisme urbain adossé à Nantes. Oui, c’est vrai, Julien Gracq, le grand homme est mort [RIP] et même si on encense encore pesamment la forme d’une ville, le départ du vieux professeur de géographie de Read the rest of this entry »